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L’œuvre de James Stirling (1926-92), architecte britannique reconnu internationalement, est ancrée dans le modernisme de Le Corbusier et librement pimentée d’un mélange éclectique et original de références historiques et contemporaines. Celles-ci lui étaient inspirées par le monde de l’architecture de haut niveau, mais aussi par les édifices vernaculaires. Les constructions et les projets de Stirling, en plus de posséder des qualités formelles marquantes et de faire un usage inventif des matériaux, font preuve d’une planification remarquable (particulièrement en ce qui concerne la circulation) et d’une grande conscience de l’environnement humain, et expriment son souci du contexte et de l’harmonie.

Né à Glasgow, Stirling a étudié l’architecture à l’université de Liverpool vers la fin des années 1940, notamment auprès de Colin Rowe. Alors qu’il travaillait à Londres pour le compte de Lyons, Israel & Ellis, il a rencontré James Gowan, qui est rapidement devenu son partenaire et avec qui il a créé des projets qui ont valu à la firme une notoriété internationale dans les années 1960. Parmi ceux-ci, notons le pavillon d’ingénierie de l’université Leicester (1959-63), à Leicester, et le pavillon d’histoire de l’université Cambridge (1964-67).

Stirling est demeuré à Londres, et son travail de 1971 à 1992, seul ou en partenariat avec Michael Wilford, a été consacré à des participations à des concours et à des œuvres construites partout dans le monde, mais plus particulièrement en Allemagne. La très influente Neue Staatsgalerie (1977-84), à Stuttgart, construite après qu’il a remporté un concours, constitue un mélange de références abstraites à des constructions de type néo-classique, notamment l’Altes Museum de Schinkel, à Berlin, « cité » dans la rotonde, ainsi que de motifs tirés du constructivisme et de Le Corbusier. Cette galerie est devenue le symbole d’un style très personnel, en équilibre entre la tradition et la modernité.

Après cette réalisation, Stirling a de nouveau reçu des commandes importantes en Angleterre : la galerie Clore abritant la collection Turner, au Tate Britain, à Londres (1980-86), le Tate Liverpool (1984) et No. 1 Poultry, à Londres (1986). Ses travaux démontrent un intérêt particulier pour l’espace public et pour la signification que les façades et la masse des édifices peuvent acquérir dans un contexte urbain où l’espace est restreint.

Le fonds d’archives James Stirling/Michael Wilford du CCA comprend environ 40 000 dessins et maquettes, 103 mètres linéaires de documents et près de 18 mètres linéaires de matériel photographique couvrant la carrière entière de Stirling à partir de 1948, de ses travaux d’étudiant (y compris sa thèse) aux projets qui l’ont occupé dans les années précédant son décès en 1992 en passant par ses collaborations avec James Gowan et Michael Wilford.